2022_04_30 Haute Moselle : conférence - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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HAUTE MOSELLE
Crise climatique : « on a tous un petit bout de quelque chose à faire »

(9 photos)
Alors qu’étonnement, dramatiquement même, le sujet a largement été réduit à peau de chagrin lors de la campagne pour l’élection présidentielle, particulièrement par les deux finalistes, la réunion conférence proposée par la Comcom, l’Agence de Bassin Rhin Meuse et les services de la préfecture a attiré la grande foule. Au point qu’il a bien fallu ajouter des chaises « à l’arrache » afin que tout le monde puisse être confortablement installé.
Une rencontre profonde et riche dirigée par Jonathan Pilllier, particulièrement chargé du dossier GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) sur le secteur qui relevait dès son introduction « Votre présence ici ce soir en nombre témoigne de votre intérêt pour ce sujet » avant de céder le micro à Dominique Peduzzi qui, après avoir témoigné que ce dossier est ouvert depuis plusieurs décennies, plaidait la cause de ce bien de valeur inestimable qu’est l’eau.
Le temps pour le représentant de la préfecture de préciser la préoccupation des services de l’Etat à ce propos et celui de l’agence de l’eau qui insistait sur la nécessaire synergie entre tous et le micro était cédé à David Pelot, ingénieur d’études à Météo France. Le technicien, montage diapos à l’appui, s’évertuait à démontrer la réalité des changements qui ont été enregistrés au cours des dernières décennies et qui font peser de lourdes menaces sur l’avenir avec, en préambule, le témoignage de nombreux scientifiques qui, à l’instar du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) tirent la sonnette d’alarme afin de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour enrayer cette folle mécanique. « Agissons ! » alertait l’un d’eux, tandis que ressortait la phrase prononcée par Hubert Reeves (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Reeves ou https://hubertreeves.info) « Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste, mais déterminé ».
Avec clarté malgré quelques passages très techniques, David Pelot a étalé les chiffres, remontant dans le temps de quelques 120 000 années et se projetant à l’horizon 2050 tout en ciblant le local après avoir constaté des phénomènes particuliers au niveau planétaire. Et cette évidence que l’activité humaine a des conséquences énormes sur le climat : augmentation du niveau de CO2, principal responsable de l’effet de serre.
Une pollution qui s'accompagne de son lot de conséquences tellement imbriquées qu’elles sont devenues quasiment innombrables, notamment sur cette biodiversité dont dépend le sort d'une grande part du vivant et donc de l’humanité…
Dès l’exposé terminé, la parole était donnée au public pour un moment d’échanges. Les questions et commentaires fusaient de toutes parts, permettant d’aborder de nombreux sujets comme la part de responsabilité de la France dans ce phénomène « La France, comme de nombreux autres pays, a délocalisé beaucoup de sa production, notamment en Chine. Pensez-vous que la pollution des usines françaises installées en Chine soit comptabilisée pour la France ? » répondait le technicien Météo France. Il était également question des échecs des COP (Conférences des Parties), du Gulf Stream (ce courant marin si important pour de nombreuses régions de la planète et notamment la France), de l’imperméabilisation des surfaces, du cycle de l’eau, de l’évolution des épisodes venteux et des orages…
La soirée s’orientait ensuite en direction de l’eau et, là encore, donnait lieu à des nombreux commentaires et interrogations, auxquels s’est évertué à répondre Vincent Gauthier, ingénieur à l’Agence de l’Eau, parmi lesquelles ces aménagement touristiques que sont les spas et piscines, de même que cette neige de culture - « Industrielle » commentait un spectateur - difficilement compatibles avec la préservation de la ressource en eau. Destruction des haies, gestion des eaux pluviales avec cet objectif de « déraccorder » la collecte de ces eaux afin de les remettre dans le milieu naturel pour qu’elles imprègnent les sols, cette plaie persistante que sont les lingettes, les crues et sécheresse ou encore les sources qui se tarissent étaient également au menu.
Des discussions quelques fois passionnées que Dominique Peduzzi, dans sa conclusion, tenait à réduire les quelques tensions qui s’étaient manifestées : « Chacun est plein de certitudes, mais aucun ne détient LA Vérité » lâchait-il avant d’en appeler à cette nécessaire mobilisation pour gérer au mieux - ou au moins pire - cette situation « Nous sommes tous concernés. On a tous un petit bout de chose à faire ».
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