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TOUR DE FRANCE

Une histoire de « gros sous »
Imaginez : vous êtes devant votre poste de télévision et vous attendez avec une certaine impatience l’Événement, oui avec un « É » majuscule. Avant cela, votre poste vous déverse plus d’une demi-heure de pub, assorti d’une obligation de ne pas quitter votre place. Enfin, le spectacle tant attendu arrive, et ne dure même pas 5 minutes. Inconcevable ? C’est pourtant à cette sauce que sont « mangés » les millions de spectateurs qui se rendent sur la route du Tour de France chaque année. Un public immense qui, avant d’être accepté comme spectateur d’une épreuve sportive de très grande envergure, doit passer par le statut consommateur potentiel.
Tout commence en 1924, lorsqu’une petite société du nom de Wolber profite du Tour de France pour distribuer des cartes vantant les mérites de ses pneus pour vélo. Quelques années plus tard, en 1930, le directeur du Tour, Henri Desgranges sent qu’il est fortement possible d’obtenir des gains financiers importants par la mise en place d’une caravane publicitaire.
Dans un premier temps, les entreprises locales vont profiter de cette aubaine de communication envers le public du Tour. Mais assez rapidement, ce sont les grandes entreprises françaises qui raflent les places dans cette caravane. Avant de céder elles même la place aux grandes multinationales. La raison ?
Une inflation des tarifs qui atteignent désormais des sommets pour n’être plus qu’à la portée des grandes entreprises. Par exemple, et même s’il est particulièrement difficile d’accéder à des données concernant ces contrats qui restent très confidentiels, la société des eaux de Vittel aurait signé pour un montant compris entre 3 et 5 millions d’Euros pour intégrer la caravane. Hier, pour son 42ème passage dans les Vosges (en 104 éditions), la caravane s’est produite durant une quarantaine de minutes, le temps pour les annonceurs de « matraquer » le public (avec une mention spéciale pour les camionnettes kiosques de ce journal sportif qui est revenu « à la charge » 5 fois de suite, sans susciter apparemment grand intérêt auprès des spectateurs du col des Croix). Mais qu’on ne s’y trompe pas : des sondages mettent en évidence que pas loin de la moitié des spectateurs est friande de ce spectacle. Une sorte d’auto-aliénation consentie ! Quant à l’efficacité de la démarche, il suffira de citer la marque « La vache qui rit » qui doit sa renommée pour l’essentiel à sa participation à ce défilé pour s’en convaincre.
Et pour faire la part belle au Tour de France – et donc sa caravane publicitaire – on n’hésite pas à bafouer la loi. Témoin ces centaines d’arbres abattus en Moselle en faisant fi des lois, et cela en toute impunité. Bien au contraire, aux quelques militants qui ont tenté de tirer la sonnette d’alarme, on  a tout bonnement envoyé les forces de l’ordre…
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