Tannerie par Denys Grosjean - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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Histoire
En 1864, Victor Grosjean (1837-1884), jusque là corroyeur à Remiremont, rachète la clientèle de la Tannerie et Corroierie « Girol Frères », dissoute et mise en liquidation en 1859 par ses propriétaires, sans en reprendre l'établissement situé depuis les années 1800 sur la rive nord de la Moselle, à proximité du pont de Galmand. C'est sur l’autre rive de la Moselle qu'il décide de s'installer.
Mais c'est bien son fils aîné, Auguste Grosjean (1867-1931), qui est de fait le véritable constructeur-fondateur de la Tannerie Grosjean proprement dite, sur le site que nous lui connaissons, dans le vallon de Couard, au lieudit alors "le Pré de la Scie".
Cette construction démarre bien par celle d'un moulin de broyage, utilisant l'énergie hydraulique du ruisseau de Couard, en 1891, (soit sept ans après le décès accidentel de Victor Grosjean), à un endroit où, le nom du lieudit le suggère, avait sans doute été exploitée antérieurement une scierie utilisant cette même énergie hydraulique. Il s’agissait d’un moulin de broyage d’écorces (de chênes, mais d’autres essences auraient pu être utilisées), matière première du "tan", agent de transformation des peaux en cuirs imputrescibles. De ce terme « tan » sont dérivés les termes « tannage » et « tannerie »,  ce dernier désignant au sens strict la technique de transformation des peaux en cuirs avec du tan, et les établissements le pratiquant, par opposition à d’autres techniques, qui utilisent pour cela des sels d’alun (hongroierie), ou d’autres produits. On pouvait donc désormais proprement utiliser le terme « tannerie » pour désigner l'établissement en cours de développement. La technique aux sels d’alun, ou « hongroierie », mise en œuvre depuis 1868 par le petit établissement de Victor Grosjean, (qui jusqu’alors n’avait fait que travailler des cuirs achetés « frais de fosses »), était abandonnée pour ne plus mettre en œuvre que la fabrication au tan, qu’il avait démarrée en 1875, et qui nécessitait des installations plus importantes.
A noter, par ailleurs, que le terme « corroierie », dérivé du terme « cuir », désigne les différentes opérations de transformation en cuirs finis des peaux après leur première transformation en cuirs bruts, par tannage ou autre technique, ce qui était l’activité initiale principale de Victor Grosjean, et non, comme on le lit parfois, la fabrication de courroies… qui était aussi une de ses activités, et se nommait « courroierie ».
Les établissements Girol à la fin de leur exploitation, puis Victor Grosjean, produisaient des cuirs, exclusivement de bovins, destinés à la cordonnerie, et surtout à l'industrie, surtout textile (courroies et taquets de métiers à tisser). Par la suite, à ces produits s'ajoutèrent des cuirs, toujours exclusivement de bovins, pour la bourrellerie et le harnachement, des cuirs à semelles, en particulier pour les besoins de l'armée française. Ce n'est que dans les années 50/60 que les cuirs pour la chaussure et la maroquinerie, désormais tannés au chrome et non plus au tan, ont remplacé ces produits. Il ne faudrait pas oublier une des fiertés de la tannerie et de son personnel: le cuir à ballon de football (essentiellement acheté par Adidas)...  
L’effectif total de la société a connu les évolutions suivantes : 1864 : début de l’exploitation par Victor Grosjean avec un effectif total de 4 personnes. En 1884, lors du décès accidentel de Victor Grosjean, sa veuve, Apolline née Antoine et son fils aîné Auguste lui succèdent. En 1893, l’entreprise compte 6 personnes. En 1897 : Apolline  transmet à Auguste Grosjean la direction de la société. Les effectifs vont connaitre une croissance rapide : 17 personnes en 1900, 27 en 1905, 42 en 1910, 80 en 1914. Au lendemain de la 1ère guerre, l’entreprise compte 210 employés, passant à  400 personnes en 1930 après l’acquisition des « Tanneries Alsaciennes » de Saulcy-sur-Meurthe. En 1931, après le décès d’Auguste Grosjean, ses fils Georges et Henri deviennent coprésidents. En 1935, après la crise des années 1930, l’effectif des deux établissements est descendu à 322 personnes, avant de connaître une nouvelle baisse en 1940, après la mobilisation de 1939, et le contingentement par l’occupant de la production à la moitié de celle d’avant-guerre, l’effectif passant alors à 226 personnes. En 1945, l’effectif remonte à 332 personnes, après la reconstruction des installations, durement endommagées lors de la libération, avant de passer à 393 personnes en 1955 et atteindre son apogée en 1960 avec 431 personnes. En 1965, après les départs en retraite de Georges et Henri Grosjean, le fils aîné de ce dernier, Michel Grosjean, devient PDG. Quatre ans plus tard,les installations de la Tannerie de Saulcy-sur-Meurthe sont déménagées au Thillot.
En 1980, après restructuration pendant un concordat de 10 ans faisant suite à un dépôt de bilan en 1970, les effectifs se montent à 240 personnes, avant décroître et passer à 180 en 1992.
La cession de la tannerie à M Hervé Chevignard marque la fin de la gouvernance de la famille Grosjean. Aujourd'hui, Tannerie Sovos Grosjean propose toujours des produits de tannage à sa clientèle. Voir le site de l'entreprise.
Au niveau national, la tannerie française employait 20 000 personnes en 1945, 2 500 en 1980, et de l’ordre de 1 000 aujourd'hui.

Merci à Mr Denys GROSJEAN.
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