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Articles > 2017 > Mars
SOCIÉTÉ

Migrants : évacuer la peur de l'autre par la rencontre

Face des à situations qui dépassent l’entendement, la mobilisation des acteurs associatifs est une véritable bouffée d’oxygène pour les migrants. Leur combat est héroïque face à des institutions dont on est en droit de se demander si elles jouent la carte du rejet par volonté de décourager ou par grand désordre administratif ? Peut-être les deux ?

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Migrants, réfugiés, demandeurs d’asile : à tous ceux qui pensent que ces personnes en grandes difficultés ne sont qu'un problème quelque peu abstrait mais repris en fanfare assourdissante par des personnalités politiques avides d’aller à la pêche aux électeurs  – surtout en cette période électorale – en surfant sur la peur et le rejet de l’autre, de celui qui est différent, loin de cette forme perfide d’abstraction, cette triste réalité existe bel et bien ici dans la vallée, comme partout en France, y compris dans les régions les plus reculées. Au Thillot 4 familles sont hébergées. Cette réalité locale, les responsables de CCFD- Terre Solidaire et Asil Accueil 88, avec le soutien d’Amnesty International, l’ont développée dans tous les sens pour dire les énormes difficultés rencontrées, mais aussi la richesse des rencontres avec ces personnes en difficulté. « La peur des autres, de ceux qui ont une culture différente, trouve ses origines dans  l’absence de rencontre et donc de compréhension» plaidait avec force Brigitte Lambert  «Il faut apprendre à les connaître afin d’aller vers le vivre ensemble. L’objectif de cette soirée est de changer de regard sur eux, en dehors de toute appréciation politique».
Au fil des témoignages, le malaise s’est fait de plus en plus profond : des déplacements géographiques incessants et obligatoires à l’interdiction stricte de travailler imposée aux migrants n’ayant pas pu accéder à la délivrance de la carte de séjour et du permis de travail, en passant  par des aides financières souvent indigentes ou encore cette situation invraisemblable de ces Arméniens d’origine, dépourvus de ressources financières, auxquels les autorités viennent d’accorder le droit d’accès aux précieux sésames, moyennant… la somme de 600 Euros par personne !
Face à ces situations ubuesques, la mobilisation des acteurs sociaux et caritatifs est essentielle. Des appels aux bénévoles ont été lancés afin de renforcer les équipes existantes dont la charge est lourde : aide aux repas, transports, accompagnement dans les démarches administratives, enseignement de la langue française…
En guise de conclusion hautement symbolique, la soirée s’est achevée autour du pot de l’amitié.

Contact : Maryse Cunat au 03 29 25 21 74 ou cliquez ici.
En premier lieu, les organisateurs ont permis au nombreux public – au sein duquel avait pris place Michel Mourot maire de la commune, Claude Durupt vicaire général et Marina Do Santos conseillère régionale FN - de visionner une vidéo particulièrement explicite d’Amnesty International (à visionner en cliquant ici), permettant de définir les notions de migrant, de réfugié, de demandeur d’asile, et dans laquelle il est également question de droit international – Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et Convention des Nations Unies de 1951, textes régulièrement bafoués par des Etats au nom du droit à leur souveraineté.
En une dizaine de minutes, cette vidéo  met l’accent sur toute la problématique. En premier lieu, le drame que constitue « Cette décision la plus difficile de leur vie » que de quitter leur pays, ce déchirement bientôt suivi par un traitement indigne, inhumain, auquel les migrants doivent se soumettre… Double peine garantie !
Le témoignage d’Aren
Aren a 28 ans. En 1990, sa famille a quitté son pays - l’Azerbaïdjan - où sa vie et celle de l'ensemble des membres de sa famille était menacée suite au conflit avec l’Arménie. Installé dans un premier temps en Ukraine, la famille est à nouveau en grand danger et décide à nouveau de partir en 1994 pour rejoindre la France. Après avoir « séjourné » dans divers endroits de l’hexagone, Aren arrive à St Maurice, toujours accompagné de sa famille qui s’est agrandie depuis, puisqu’il est papa d’un enfant de 11 mois. Actuellement classé en « situation irrégulière », il  ne peut développer aucun projet et vit au jour le jour en compagnie de 8 autres familles avec lesquelles l’entente est cordiale. « Mon souhait le plus cher : pouvoir travailler » plaide-t-il avec force « Je ne veux être une charge pour personne ! ».
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