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Articles > 2017 > Avril
PATRIMOINE

Une chasse au trésor extraordinaire !

Comment ce qui n’était au départ qu’un défi, voire un jeu, s’est transformé en découverte exceptionnelle. Un site à classer au patrimoine mondial de l’UNESCO ?
Dans les années 1980, Francis Pierre et un groupe d’amis, attirés par les anciennes mines et la spéléologie, décident de porter leur attention sur la Haute Vallée de la Moselle. « Un choix guidé en partie par le hasard… » confiait Francis Pierre à l’occasion de la première du cycle de conférences « Il y a avait à cette époque une sorte de défi entre plusieurs équipes, l’objectif étant de mettre au jour de nouvelles richesses archéologiques ». Le choix du secteur du Thillot n’était a priori guère porteur de promesses. Situé en zone limite du cercle minier germanique, pas de rayonnement international comme peuvent en avoir les grosses cylindrées que sont notamment certains sites de Bohème ou du Tyrol... Avant 1990, les mines du Thillot sont donc inconnues, méconnues pourrait-on plutôt dire. L’exploitation minière, stoppée en 1761, a largement laissé le temps à la nature de reprendre ses droits. Menant parallèlement ses travaux dans les archives et sur le terrain, l’équipe de la SESAM (Société d’Etude et de Sauvegarde des Anciens Mines) créée en 1986, va aller de découverte en découverte, mettant petit à petit à jour des vestiges d’une richesse remarquable. Les chercheurs se rendent bien vite compte que l’activité minière concerne l’ensemble de la haute vallée avec des mines d’argent à Bussang, de fer à St Maurice, de cuivre au Thillot et de fluorine à Ramonchamp, l’ensemble étant logiquement complété par les installations de fonderie - et donc fabrication du charbon de bois – un réseau fourni de chemins permettant le passage des chariots chargés de minerais.  Un concept « Vallée des Mines » pourrait-il voir le jour ? Dans les années 80, l’équipe de la SESAM s’attaque donc à des lieux ne présentant que quelques orifices plus qu’à moitié bouchés et des gros tas de cailloux. Depuis cette date, les découvertes sont à la hauteur de la patience déployée : immenses !
Prochaines conférences
Vendredi  26  mai
Images de la  mine et des mineurs.
Vendredi  23  Juin
Mines du Thillot, mines de Château-Lambert, une histoire peu commune.
Vendredi 15 septembre
1617 -  La poudre noire dans les mines ducales du Thillot : Étude archéologique d’une révolution technique en Europe.

à 20h00 salle Cécile Valence - Entrée libre
Sonnette d’alarme !

Des galeries sont rouvertes, topographiées, pompées pour en extraire des vestiges rares, mettant en évidence des techniques de percement où le marteau et la pointerolle céderont le pas à la poudre noire. Un document comptable d’archive, illisible pour le commun des mortels, est déchiffré par l’équipe de la SESAM, prouvant l’achat de poudre noire pour faire « sauter » la roche dans les mines du Thillot au 4ème trimestre 1617, crée l’émoi dans le monde scientifique spécialisé. La ville de Schemnitz (Banská Štiavnica en Hongrois), située en Slovaquie est coiffée sur le poteau, elle qui s’enorgueillissait de l’utilisation la plus précoce en Europe en 1627. « En attendant peut-être qu’un jour on trouve des preuves d’une utilisation encore plus ancienne ailleurs… » précisait Francis Pierre avec humour et humilité. La commune du Thillot est donc riche d’un véritable trésor, présentant des vestiges magnifiques, notamment concernant les techniques d’extraction et le système complexe de pompage de l’eau dans les galeries  « qui font bien des envieux » confiait le président chercheur, un site particulièrement significatif au plan visuel avec des haldes parfaitement dessinées dans le paysage, des archives écrites d’une grande richesse précisant notamment le rendement très élevé (rapport entre minerai et métal extrait)des cuivres qui sortaient des veines de la montagne. Un site qui n’a pas encore livré tous ses secrets, témoin cette pièce de bois trouvée il y a quelques jours à peine, permettant de comprendre une partie de la transmission de la mécanique d’extraction de l’eau afin d’acheminer la force motrice de la grande roue à augets de 9.60m de diamètre vers les pompes situées dans les galeries. Et Francis Pierre de présenter en dernière partie de sa conférence une hypothèse : et si les mines du Thillot étaient classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO ? S’appuyant sur la charte de l’organisation mondiale, le scientifique argumentait que le site est en droit d’y prétendre… En attendant une telle éventualité, le président de la SESAM  ne manquait de tirer une stridente sonnette d’alarme : certaines parties du site subissent une dégradation accélérée, due aux tempêtes, mais aussi et surtout à une exploitation forestière qui ne respecte pas ce patrimoine. « A ce rythme, dans quelques années, de nombreux vestiges auront totalement disparus ! »
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