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Articles > 2017 > Mai
 
PATRIMOINE

Mines et mineurs : plongée dans le temps, il y a 400 ans

Force documents d’archives à l’appui, Francis Pierre a une nouvelle fois passionné son public en s’attaquant dans ce second volet des « Vendredis de l’histoire » aux images de la mine et des mineurs.
Si le Thillot, et plus globalement les communes de la vallée de la Haute Moselle, voire les zones situées en périphérie du Ballon d’Alsace, apparaissent toutes dans les archives avec plus ou moins de présence, le secteur se situe néanmoins à la périphérie Ouest de la grande région minière européenne dont l’épicentre est l’Allemagne. C’est là que la mine et ses techniques ont pris naissance depuis le Moyen-Age. Il n’est donc pas étonnant que tout ce qui touche aux mines ait une coloration fortement germanique. Non soumis à un Seigneur, les mineurs sont des hommes libres, passant d’un site à l’autre pour y chercher du travail. Francis Pierre racontait l’histoire de ce mineur qui, ayant parcouru divers sites pour y chercher fortune, revint un jour dans sa mine d’origine pour la racheter et s’y faire construire un luxueux château !
La carte de Cassini du XVIIIème siècle fait donc état d’un village des Mines au « Tillot », d’une stolle à Fresse, d’une fonderie à St Maurice… à une époque où le Ballon d’Alsace et le Ballon de Servance s’appelaient Ballon Lorrain et Ballon Bourguignon. Le village des mineurs du Thillot se situait au hameau de la Xarte, une zone couvrant quelques 6.5 km2. Un lieu où l’organisation sociale des mineurs était très poussée, bousculant d’ailleurs les traditions pastorales des agriculteurs au moment de l’arrivée de cette main d’œuvre germanique pour l’essentiel, d’autant que le droit mineur accordait à cette population des privilèges que les populations locales voyaient d’un mauvais œil.
Francis Pierre détaillait le fonctionnement de cette microsociété : le justicier (obligatoirement bilingue français – allemand) chargé de rendre la justice, le doyen (gestionnaire de la prison), le parçonnier (investisseur privé aux côtés du Duc), l’auditeur (vérificateur des comptes) ou encore ces fonctions aux connotations germaniques : le ferweser (intendant), le schittmeister (ingénieur technique) ou le houtman (contremaitre)…
C’est à la demande de cette population que le Duc de Lorraine accorde en 1560 le droit d’un marché hebdomadaire à Bussang, marché qui sera déplacé au Thillot en 1575. Un marché où les mineurs bénéficient d’un accès exclusif durant la première heure. Pour protéger ce marché, une halle sera construite, puis reconstruite à plusieurs reprises après destruction. L’érection de chapelles permet également aux mineurs de pratiquer leur culture religieuse. Ste Barbe est ainsi priée chaque matin avec d’entrer dans la mine, histoire notamment de faire fuir les mauvais esprits qui hantent les galeries. Une journée qui débutait à 4h du matin, une heure après que la cloche ait appelé les mineurs à se préparer. La journée de travail s’étalait sur 8 heures, avec une demi-heure de pause déjeuner. C’est tout un cortège de métiers qui animait le site : mineurs bien sûr, mais aussi charpentier, forgeron, géomètres (pour la prise de repère des galeries)... Dans les galeries, le danger était omniprésent : obscurité, effondrement, asphyxie, noyade, explosion… qui s’ajoutaient au fléau de l’époque : la peste. Une caisse d’entraide alimentée par le Duc et les mineurs permettait aux malades et accidentés de bénéficier d’une aide précieuse. Un système très organisé qui s’est éteint avec l’arrêt de l’exploitation des mines. « Au moment de la baisse d’activité dans les mines en Europe, de nombreux mineurs ont traversé l’Atlantique pour devenir chercheur d’or dans l’Ouest des Etats-Unis » concluait le président de la SESAM avant de répondre à de nombreuses questions, notamment d’une délégation de Plancher les Mines.

Prochaine conférence : vendredi 26 mai 20h00 à la Médiathèque "Mines du Thillot, Mines de Château-Lambert, une histoire peu commune" (entrée libre)
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