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Articles > 2017 > Avril
RENCONTRE

Philippe Mockels : un apiculteur nécessairement  militant

Le CPE (Conseiller Principal d’Education) du collège Jules Ferry cultive une profonde passion pour les abeilles. En parfaite cohérence avec son amour de la Nature.
« Déjà tout môme, j’étais attiré par les abeilles. Je me souviens que l’instituteur de mon village en Moselle avait des ruches. Mais lorsque je m’approchais, il me renvoyait sévèrement ». Loin d’être découragé, Philippe Mockels a conservé cette attirance au fil du temps, la rangeant dans un coin de sa tête pour mieux la ressortir le moment venu. Un nouvel épisode intervient vers l’âge de 25 ans. Il remarque un essaim égaré dans le jardin de ses parents. Il se met à la recherche d’une personne ayant le savoir-faire pour le récupérer, mais devra se résigner : le temps qu’il trouve, l’essaim est parti… Après s’être installé dans une ancienne ferme à Fresse sur Moselle, il décide de se lancer. « Là encore, cela n’a pas été simple » explique-t-il en souriant « Il a fallu que j’insiste énormément avant de pouvoir rencontrer un apiculteur chevronné ». Mais cette rencontre,  survenue il y a une dizaine d’année, quel souvenir ! « Ce « papy » apiculteur était en train de travailler sur les ruches. Il m’a dit de venir l’aider. Je me suis donc pour la première fois retrouvé à manipuler des cadres au milieu d’abeilles tourbillonnantes qui m’ont couvert le corps. J’ai dû faire de gros efforts pour ne pas céder à l’appréhension qui me gagnait, mais au bout d’une demi-heure, mon maître du jour a pu mesurer ma motivation et valider mon envie d’en savoir plus ».

100 ans d’apprentissage !
Depuis, Philippe a mis les bouchées doubles. Il a englouti de nombreux livres spécialisés et adhéré au syndicat des Avolets
pour suivre une formation sous la direction d’apiculteurs expérimentés. Son savoir-faire s’est donc considérablement accru, mais l’humilité reste cependant de mise : « Les apiculteurs ont coutume de dire que le monde des abeilles permet d’intégrer une leçon par an et qu’il y a cent leçons à apprendre ! » explique-t-il en souriant. Il en est une dont Philippe se souvient particulièrement : « Je devais installer des ruches vers le Rouge Gazon. Tant que la route était goudronnée, il n’y a pas eu de problème, mais en quittant la chaussée pour des chemins caillouteux, les abeilles sont parvenues à sortir des ruches qu’il m’a bien fallu empoigner pour les mettre en place. Je pense que ce jour-là, j’ai dû être piqué une centaine de fois ! ».
Dans un premier temps, Philippe a débuté avec 3 ruches. Il en dispose aujourd’hui de 35, réparties sur 4 sites, dont 3 installées au collège Jules Ferry où, en réponse aux sollicitations répétées de Thierry Jany, principal de l’établissement, il a fini par mettre en place un club apiculture. « L’objectif d’installer les ruches en différents lieux est de varier les miels qui ont donc des goûts différents en fonction de la flore » détaille-t-il. Il produit aujourd’hui 2 types de miels : miel de montagne et miel de sapin, pour lequel il est aujourd’hui le seul dans la vallée à disposer de l’agrément AOP : Appellation d’Origine Protégé, gage de la qualité reconnue de son produit. « On est loin des miels de synthèse vendus pourtant comme tels
dans certaines grandes surfaces » plaide-t-il « Sachant qu’en France la demande est de 40 000 tonnes par an et que la production culmine à 10 000 tonnes, les importations, notamment en provenance de Chine, sont très importantes et permettent d’alimenter le marché avec des produits de piètre qualité ! Il y a donc de la place pour l’installation de nouveaux apiculteurs ! ».

Halte aux produits chimiques dans les jardins !
 Autre crédo de Philippe Mockels et des apiculteurs en général : la protection de l’environnement. « Dans les Vosges, nous ne rencontrons pas les problèmes de mortalité énorme d’abeilles liée aux pesticides » constate-t-il avec soulagement « Cependant, nous déplorons les mauvaises habitudes des jardiniers qui n’hésitent pas à utiliser des désherbants et autres produits chimiques nocifs pour l’environnement contre les parasites de leurs jardins, alors qu’il existe des solutions naturelles et donc non polluantes. Il est important de que chacun comprenne que les fleurs sont importantes et qu’en espaçant les tontes, on donne un sérieux coup de main aux abeilles et à l’environnement en général, puisque les abeilles pollinisent de nombreuses autres plantes, et notamment les arbres fruitiers ». De même, l’apiculteur se bat contre l’éradication de certaines plantes comme le noisetier, le saule-marsault ou encore le lierre qui constituent des plantes précieuses pour les butineuses. Une leçon de Vie, tout simplement.
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