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Histoire
Balade au pays du « Cula »
Tout commence il y a environ 12000 ans… La Terre est alors en proie à la dernière période glaciaire que 2 géologues allemands – Albrecht Penck et Eduard Brückner –nomment la glaciation de Würm, du nom d’un affluent du Danube.
A la fin de cette période, les glaciers disparaissent, laissant place à des cuvettes. Les Mille Etangs situés sur les hauteurs de la commune du Thillot, à la limite de la Haute Saône, ont été façonnés à cette époque reculée. Cependant, certaines de ces cuvettes, bénéficiant de conditions très particulières, se sont transformées en tourbières, ces zones humides que la végétation colonise petit à petit à raison de 0.2mm à 1mm par an. Ces écosystèmes se caractérisent en premier lieu par un sol saturé en permanence par une eau stagnante ou très peu mobile, privant les bactéries et autres champignons de l’oxygène nécessaire à leur métabolisme. Ces micro-organismes, responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique, ne peuvent accomplir leur tâche dans cet environnement asphyxiant. La décomposition des végétaux et animaux ne peut donc se faire. Les résidus s’accumulent progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.

Cette tourbe porte donc dans ses entrailles les traces des  végétations qui se sont succédées, véritable mémoire de la vie. C’est ainsi que sur 3.60m d’épaisseur sont inscrites 6700 années de patients enfouissements. En fouillant ce trésor, les scientifiques ont ainsi pu constater que le noisetier était sorti vainqueur de son combat face au bouleau.  Aujourd’hui, la tourbière expose fièrement, selon les saisons, une végétation très spécifique. Les droséras et les linaigrettes y occupent une place de choix. La première est une plante carnivore de petite taille se délectant d’insectes après les avoir attirés et capturés à l’aide de ses poils glanduleux. La seconde est connue pour son allure échevelée, un peu à la manière de la coiffure hirsute que présente Albert Einstein sur certaines photos. Elles ne sont pas les seules.  La sphaigne moussue dont la croissance contribue à la rehausse de la tourbière,  les innombrables touffes de molinie,  la canneberge à la fleur délicate avant l’apparition du fruit ou plus rarement la gentiane : l’écosystème est riche. Côté faune, il serait coupable de ne pas citer parmi d’autres l’emblématique tétras ou coq de bruyère.

A la fin de l’époque glacière, le méthane augmente de façon importante dans l’atmosphère. Les tourbières en capturent en quantité, stock auquel s’ajoute le gaz produit par la décomposition anaérobie du milieu. D’autres gaz - dits pyrophoriques, c’est-à-dire à combustion spontanée sans besoin d’étincelle – sont également produits. Ce sont ces éléments qui enflamment le méthane de temps à autre, lors de l’explosion de la poche, donnant naissance à des sortes de feux follets qui n’ont pas manqué de marquer des esprits humains en manque d’explication d’ordre scientifique et prompts à générer des légendes, dont celle de Cula, le farfadet des tourbières. Ces feux follets ne sont que des émanations lumineuses, et ne génèrent donc aucune flamme.

Gare aux gouilles
Parsemées en zone de tourbière, les gouilles présentent un danger de premier ordre. Ces trous d’eau marécageux peuvent en effet devenir la tombe du promeneur non averti. De nombreux soldats de Charles le Téméraire s’y sont frotté au lendemain de la cuisante défaite subie lors du siège de Nancy le 5 janvier 1477. Pourchassés par les troupes de René II, duc de Lorraine, nombreux sont les fuyards en déroute à avoir péri, engloutis par ces gouilles de la tourbière de la Charme sur les hauteurs de Rupt sur Moselle.

La tourbe pour se chauffer

Séchée, la tourbe donne un combustible brun noirâtre dont le pouvoir calorifique est moindre que celui du bois ou du charbon. Extraite de la tourbière, elle était découpée en brique avec lesquelles on alimentait un poêle pour se chauffer. Cette exploitation à grande échelle a été à l’origine de la disparition de nombreuses tourbières. Elle est toujours pratiquée dans certains pays comme l’Irlande.
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