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Histoire > Scolarisation
 
Le collège

Un cours complémentaire est créé en 1903, pour la prise en charge des garçons de 13 à 16 ans au-delà de l’école primaire et titulaires du certificat d’études. De 18 élèves au départ, les effectifs passent à 36, puis à 52 les 2 années suivantes, nécessitant le dédoublement du cours. C’est ainsi qu’un second poste d’enseignant est créé.
Envisagée avant la première guerre mondiale, la création d’un cours complémentaire pour filles n’est actée qu’à la rentrée d’octobre 1919. Là encore, le succès est couronné par des effectifs en forte croissance, une soixantaine de jeunes filles étant inscrites à la rentrée d’octobre 1921 pour la classe de seconde année, nécessitant la création d’un deuxième poste.
 A l’arrivée des enfants du « baby-boom » au cours complémentaire, en relation avec l’allongement de l’âge scolaire qui passe à 16 ans en 1959 suite à la réforme voulue par le ministre Jean Berthouin, le CC devient CEG (Collège d’Enseignement Général).  En mai 1961, le conseil municipal sollicite une étude pour la construction d’un CEG. Le projet initial prend énormément de retard et sera finalement classé en dernière position quant aux priorités définies au niveau académique. La commune décide alors de prendre en charge une partie du financement qui ne lui incombe nullement afin d’accélérer la mise en œuvre du projet.
Malgré l’hostilité des élus, la construction d’un établissement peu adapté au milieu montagnard (la démonstration en a été faite avec l’effondrement du préau sous le poids de la neige, incident qui aurait pu être dramatique s’il ne s’était passé à un moment où le collège était désert) est décidé au niveau national, dans le cadre d’un programme de construction de 68 établissements à structures métalliques, appelées « type Pailleron » du nom de cet établissement parisien victime d’un dramatique incendie (voir l’article « L’incendie du CES de la rue Pailleron).
On utilise également la dénomination ‘Type Binder » du nom de l’architecte ayant conçu ce type d’établissement.

Source principale : BHM n°24 Des origines au nouveau collège par J-A. Morizot
Les travaux débutent en mai 1966. Comme prévu, la construction est très rapide et les collégiens peuvent intégrer le nouvel établissement dès le 17 septembre 1966. Il comprend  un bâtiment principal de 42m de longs abritant 12 salles de classe, la salle des professeurs, une bibliothèque. Un service demi-pension ultra moderne y est adjoint, ainsi qu’un bâtiment de 6 appartements et une chaufferie. Seul le gymnase manque à l’appel, qui sera construit plus tard.
Le 9 février 1972, la préfecture accepte la création du syndicat intercommunal à vocation scolaire. En effet, sur les 1004 élèves recensés durant l’année 1971-1972, seuls 342 sont originaires du Thillot. L’objectif de ce syndicat est clair : la répartition des charges de fonctionnement de façon équitable sur les communes y envoyant des élèves.
L’incendie du CES de la rue Pailleron
Le 6 février 1973, à 19 h 40, un incendie se déclare dans le collège de la rue Edouard Pailleron dans le 19ème arrondissement de Paris. Le collège a été construit de telle manière qu'il ne peut résister plus de 15 minutes à un feu. Les vides multiples contenus par la structure du bâtiment constituent autant de « cheminées à fort tirage » qui  favorisent la propagation rapide des flammes. Le feu provoque une coupure d'électricité au bout de quatre minutes.
Le bâtiment étant constitué en partie de plaques de polystyrène et de matériaux hautement inflammables, l'incendie progresse rapidement et d'épaisses fumées toxiques se forment en quantité importante. Se propageant par les faux plafonds et les cloisons, l'incendie passe du premier étage au quatrième, prenant « en tenaille » le deuxième et le troisième étage. Malgré la rapide mise en œuvre de moyens par les sapeurs-pompiers et l'évacuation de plus de 50 enfants, la structure métallique se déforme et le collège est presque entièrement détruit en moins de vingt minutes.  Bilan : 20 victimes, dont 16 enfants.
En 1985, le Conseil d'État estime que le collège n'était pas conforme aux normes de sécurité en vigueur et que sa sécurité a été insuffisamment contrôlée. Il considère aussi que le procédé de construction agréé par le ministre de l'Éducation Nationale l'a été en dépit de ses défauts.
Il juge aussi « que l'exécution même de la construction, l'État ayant la qualité de maître d'ouvrage délégué a été déficiente ; que ces circonstances, qui résultent de négligences et d'imprudences graves des services administratifs responsables, sont constitutives de fautes ; que les défauts qui ont par suite entaché la construction du bâtiment ont facilité la propagation et le développement anormalement rapides de l'incendie et ont rendu impossible notamment l'évacuation en temps utile de la plupart des victimes ; que les fautes relevées doivent dès lors être regardées comme ayant directement concouru au préjudice et sont de nature à engager la responsabilité de l'État. » Cependant, eu égard à la gravité de la faute commise par les auteurs de cet incendie volontaire, la part de responsabilité incombant à l'État a été limitée à un cinquième.
 
Le nouveau collège
En 1991, Bernard Riblet, principal du collège, attire l’attention du Conseil Général des Vosges et du Syndicat Intercommunal sur le vieillissement des bâtiments : corrosion de l’ossature métallique, isolation thermique largement insuffisante. Trois options sont évoquées : réhabilitation, restructuration, reconstruction. C’est donc la dernière option qui est retenue. De nouveaux  incendies, ne faisant aucune victime, frappent par ailleurs des établissements du même type à Bavay (2001), Colombes (1992), Royan (1999), Montluçon (2007) et Le Mans (2010).  Lors d’une réunion quelque peu houleuse à la salle des fêtes du Thillot, une partie de poker oppose Christian Poncelet, Président du Conseil Général et Livio peduzzi, Maire de Fresse sur Moselle. En jeu : des gros sous, bien sûr ! Explications : le Conseil Général est en passe d’avoir obligation d’assumer en totalité les compétences en matière de collèges suite à la loi de décentralisation. Bien conscient des obligations à venir très prochainement pour le Département, le Maire de Fresse se déclare peu enclin à ce que les communes mettent la main au portefeuille.
Le Président Poncelet argumente en précisant que rien ne dit que la reconstruction du collège Jules Ferry sera prioritaire dans les projets d’investissement du Département ! Bluff ou pas ? Toujours est-il que l’argument fait mouche. En 1993, François Vannson, député, obtient une subvention de l’Etat d’un million de francs, assortie d’une réduction des intérêts des nécessaires emprunts, permettant d'alléger la facture pour les communes. Le 25 janvier 1995, le permis de construire est délivré par la Préfecture. L’appel d’offres peut être lancé. Les travaux débutent en juin 1995. Là encore, la construction du gymnase sera décalée de quelques années. Aujourd’hui, les collégiens disposent enfin d’un établissement magnifique.
Le coût total de ce nouvel établissement est de 74.52 millions de francs (11.36 millions d'Euros), y compris les intérêts des emprunts, financés à hauteur de 57.27MF par le Département et 17.25MF pour les communes.
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