2020_03_04 Asil'Accueil 88 - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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Communiqué de presse

Les municipales ne justifient pas tout
  
"Deux familles albanaises avec 4 enfants en bas âge pour l’une, 3 enfants plus grands pour l’autre viennent de faire l’objet d’une exécution de décision de retour au pays d’origine. L’une vivait à Remiremont depuis 3 ans, l’autre dans les Vosges depuis près de 4 ans, à Remiremont d’abord, puis à St-Maurice. Un 3ème ressortissant des Balkans est également en attente d’expulsion depuis plusieurs semaines en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 3 enfants assignés à résidence.
Ces familles ont essayé de s’insérer au mieux alors que leur situation administrative ne les autorisait pas à travailler. Les enfants sont parfaitement intégrés dans leurs écoles ; ils parlent notre langue avec aisance et les plus grands ont d’excellents résultats scolaires. Ils participent aussi à des activités culturelles et sportives en lien avec leurs établissements scolaires ou avec les associations locales ; ils ont noué des liens forts avec leurs petits camarades.    
Est-ce la période électorale qui incite à donner des gages à certains courants politiques  et à mettre un terme brutal à ce processus d’intégration dans notre pays ?  
Ou faut-il faire de la place pour accueillir de nouveaux migrants dans le contexte du conflit syrien et de l’arrivée en masse de nouveaux réfugiés aux portes de l’Europe ?
Les familles concernées ne sont pas des bagages, qu’on déplace sans conséquences …  
Comment peut-on imaginer ce que ressentent des femmes, des enfants, des familles déracinées, qui ont un tel vécu : celui d’avoir quitté un pays et des proches, sans espoir de retour en arrière, sans certitude quant à un avenir meilleur, mais en espérant la sécurité du droit d’asile ?  Comment imaginer qu’aux  traumatismes du passé et du présent, notre pays, la France, pays des lumières et des droits de l’homme,  ne trouve pas de solution après avoir refusé la demande d’asile ? Alors que notre démographie se dégrade, que les entreprises ne trouvent pas de main d’œuvre dans une économie qui repart, comment imaginer qu’on n’ait pas une politique d’accueil  et d’humanité ? Pourquoi ajouter à la précarité des situations et à la malveillance du maintien dans une sorte de non droit, l’humiliation d’un retour précipité et non consenti dans un pays d’origine, régi par des us et coutumes dictés par la mafia, la violence, parfois le meurtre et toujours la corruption.  
Quel ressentiment allons-nous inculquer dans le cerveau de ces jeunes enfants doublement traumatisés par leur vécu d’hier et par la violence des décisions d’aujourd’hui ?
Les bénévoles qui connaissent et accompagnent ces familles au quotidien dans leur effort d’intégration et d’apprentissage de notre langue et de notre culture, sont meurtris, abattus, voire révoltés par le peu d’humanité des décisions et surtout par la violence de leur exécution.   
Certes les familles déboutées du droit d’asile savent qu’on les invite à rentrer au pays. Cette incitation ne supprime pas pour autant les causes de leur venue ici.  
Les agents chargés d’aller « cueillir » un couple avec ses enfants, à 6h du matin dans le quartier où ils résident, ou à la sortie de l’école le soir pour les emmener en centre de rétention avant la mise dans un avion spécialement affrété à grand frais, imaginent-ils qu’on puisse faire vivre cela à leurs propres familles ?  Bien sûr ils sont payés pour exécuter les décisions prises par d’autres fonctionnaires qui appliquent eux aussi des lois et règlements votés par les majorités parlementaires. Leur tâche n’est pas facile. Leur responsabilité est aussi la nôtre.  
La République, à défaut d’être fraternelle, ne devrait-elle pas être au moins bienveillante ?"
Contact : mc.grivel@orange.fr
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