2019_12_28 Ramonchamp SFK - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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RAMONCHAMP

SFK : grandeur et décadence

Témoins d’une époque faste, les anciens bâtiments de la filature révèlent quelques éléments marquant la puissance de cette industrie. Visite guidée de ces locaux… qui tombent en ruine.
L’industrie textile, fer de lance de l’économie de la Haute Vallée de la Moselle (et ailleurs) durant des dizaines d’années, n’est plus aujourd’hui – à quelques exceptions près comme TMT au Thillot – qu’un souvenir.
Quelques bâtiments imposants témoignent encore aujourd’hui de l’importance de cette activité industrielle passée.
La filature de Ramonchamp figure en bonne place dans le classement de ces friches industrielles au passé glorieux. Une vaste zone où plusieurs bâtiments avaient été construits pour répondre aux besoins d’époques différentes.
Visite détaillée des lieux avec pour guide Christian Louis, qui a passé trente années de sa carrière professionnelle aux services techniques de maintenance de l’entreprise et qui connait les locaux par cœur, témoin l’aisance avec laquelle il passe d’un lieu à un autre afin de montrer quelques curiosités.
La première impression est partagée entre ces salles de dimensions impressionnantes dans lesquelles, avec un tant soit peu d’imagination, on pourrait encore voir des ouvriers affairés sur les machines à confectionner les bobines de fil, matière première envoyée ensuite au tissage. « Au summum de l’activité du site, il devait y avoir environ 500 personnes travaillant à la filature et au tissage » se souvient Christian.
Les bâtiments du tissage abritent aujourd’hui des artisans tandis qu’une partie de ceux de la filature ont été réhabilité et accueillent notamment le club informatique de la Réminoise. Pour les autres parties, avec cette imposante tour réservoir « Qui abritaient deux énormes bacs d’eau, destinés à la lutte contre l’incendie » précise le guide du jour, l’avenir est loin d’être assuré, l’état général étant bien triste…
L’eau était bien évidemment un élément majeur dans la gestion des incendies. Elle l’était encore plus au début de l’activité de l’entreprise, alors que l’électricité n’était pas encore disponible pour alimenter les machines. Un tunnel d’environ cent cinquante mètres de longueur avait été construit entre le canal et le bâtiment principal, dont le point le plus bas était à mètres sous terre.
« L’objectif était que la turbine alimentée par l‘eau du canal entraîne un arbre d’une douzaine de centimètres de diamètre qui empruntait ce tunnel vers le bâtiment qui, via des courroies de cuir, faisait tourner les machines » explique Christian. Un tunnel monté en moellons de granit, sauf au niveau de l’ancien passage de la ligne de chemin de fer – aujourd’hui la voie verte – où la voûte et les murs ont été montés en grès rose. Un passage très esthétique par ailleurs, en plus de la solidité que conférait le choix de ce matériau. « Pendant la guerre, il a servi de refuge pour les habitants et n’a subi aucun dégât » précise Christian.
Le maintien d’une température et d’une hygrométrie constantes et idéales a également donné lieu à la mise en place d’un système gigantesque. Des ventilateurs de deux mètres de diamètre, associés à des systèmes de volets réversibles selon qu’il fallait envoyer ou aspirer de l’air dans les salles, ainsi que les imposantes tuyauteries permettant à cet air traité de circuler témoignent de ce souci qu’ont eu les responsables techniques de générer les conditions optimales de mise en œuvre du coton et de la viscose dont de nombreux fûts jonchent encore le sol de certaines salles.
Dans une autre salle reste une trace quasi-intacte des derniers efforts de modernisation avec cette chaine automatique de palettisation des bobines produites.
Clin d’œil à l’approche des anciens vestiaires avec cette machine à café, totalement déchiquetée. « Un café ? » questionne Christian en se marrant « Ah, désolé, je n’ai pas de monnaie !!! ».
Il reste de cette visite que l’état des bâtiments est tout simplement lamentable, après les deux incendies de 2011 et 2012, des multiples actes de vandalismes perpétrés contre ces locaux mais aussi du temps qui passe qui a mis à mal de nombreuses toitures qui laissent aujourd’hui entrer l’eau.
Le dossier est actuellement dans les mains d’un cabinet expert. Il est probable que la démolition soit privilégiée pour la grosse majorité des bâtiments, laissant s’envoler une page glorieuse de l’industrie locale…
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