2018_10_01 Bussang château de Taye - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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BUSSANG

Le château de Taye se dévoile

Sous la houlette de la SESAM, le puzzle de l’énigme du Château de Taye prend forme, sans être encore au complet. Une nouvelle campagne de fouilles est à l’étude pour 2020 afin de tenter de le compléter.
Si le succès, souvent spectaculaire, des découvertures archéologiques se  situe sur le terrain, il n’en demeure pas moins vrai qu’il  est souvent le fruit d’hypothèses émises suite à des trouvailles faites dans les documents d’archives.
Ce qui est quasiment  devenu un adage s’est nouvelle fois vérifié pour ce qui concerne le château de Taye de Bussang. « Nous avons découvert une douzaine de textes faisant référence au site de Taye à Bussang » précise Francis Pierre, président de la SESAM, à qui la vallée doit la découverte qui a précédé la remise au jour des riches vestiges miniers « Le péage de Taye aurait été établi par décision ducale vers 1240, afin de percevoir les taxes liées au commerce transitant en l’Alsace et la Lorraine ».
Chronologiquement, les textes attestent de ventes successives du château édifié à des fins de défense de cette frontière territoriale et du suivi de l’encaissement des taxes.« Des documents du XVIIIème siècle évoquent déjà l’état de ruine de l’édifice » complète l’archéologue.
Il n’en fallait pas plus que l’équipe de la SESAM se lance un défi : retrouver la trace de ce château réputé introuvable depuis qu’il est tombé en ruine.
Une tâche d’autant plus ardue que d’autres documents évoquent la récupération de matériaux en divers endroits comme par exemples pour refaire les fourneaux de la fonderie de St Maurice en 1567, ou lors de l’aménagement des sources thermales de Bussang en 1621.
Les prospections sur le terrain ont d’abord été faites sur des études et conclusions sur le plan géologique. « Au niveau de la Tête des Allemands, le terrain présente des caractéristiques compatibles avec la construction de ce château » détaille Francis Pierre « Dans la mesure où il fallait minimiser les transports de pierre, il a fallait les trouver sur place »
Une hypothèse « plausible »
« Or, il n’y a qu’à cet endroit que ce terrain, composé de couches sédimentaires dont certaines ont été durcies par de très hautes températures, puis relevées quasiment à la verticale suite à l’élévation du massif alpin, présente donc des barres de roches très dures, idéales pour la construction d’un château » précise le scientifique.
En 2013, la SESAM dépose, et obtient, une autorisation de fouilles. En parcourant le terrain de long en large, l’équipe finit par trouver une plate-forme, la seule du secteur, qui attire leur attention. Des études magnétiques suivent l’année suivante avec le concours d’une équipe spécialisée de Strasbourg. En 2015, la SESAM débute des sondages sur ce site. « Les données recueillies mettent en évidence qu’il apparait plausible de la présence d’une ancienne structure construite, d’ampleur étonnante à cette altitude et dans ce contexte est plausible » poursuite le chercheur avant de compléter « Cependant les éléments recueillis ne permettent pas d’en préciser ni la destination, ni l’évolution, ni la datation ».
De nombreuses pièces ont donc été apportées au puzzle permettant le lever le voile sur ce château. Pour autant, Francis Pierre sait qu’il faut apporter d’autres éléments pour compléter ce puzzle. « Nous avons déposé un dossier de nouvelles fouilles qui a été refusé » commente-t-il avant de compléter avec une moue contrariée « Il est vrai que cet édifice ne possède pas de fossé ni de trace de pont-levis. Au vu de son environnement, il n’en avait pas besoin. Je regrette que ce refus ait été pris par des personnes qui ne sont pas venues sur le terrain… ».
Le président de la SESAM n’entend pour autant pas s’arrêter en chemin. « Nous déposerons un nouveau dossier pour 2020 – en 2019, un dossier est en cours pour un chantier sur les mines du Thillot. J’ai bon espoir que ce nouveau dossier sera accepté et nous permettra d’en savoir davantage ».
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