2018_03_10 Hopital local Départ prochain pour Richard Claudon - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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HÔPITAL LOCAL

Départ prochain pour Richard Claudon

En poste à la direction du C2HVM, le directeur sera à la retraite le 23 mai prochain. Retour sur une mission au cours de laquelle les changements ont été nombreux et profonds.
« A mon arrivée, en juin 2013, l’ARS (Agence Régionale de Santé) m’a transmis une feuille de route claire : finaliser la fusion des deux établissements » explique Richard Claudon, directeur de la structure qui a donc vu le jour en relation avec les objectifs assignés. Une fusion qui avait déjà été entérinée par les conseils de surveillance en 2012 et était donc déjà sur les rails et qui concerne les hôpitaux de Bussang et du Thillot, en prenant en considération le fait que la résidence « Les Tilleuls »  ait été couplée avec l’hôpital du Thillot depuis 2014, alors qu’elle était en proie à de grosses difficultés financières.
C’est donc ainsi que le C2HVM (Centre Hospitalier de la Haute Vallée de la Moselle) a vu le jour. Cette nouvelle entité possède désormais une « taille XXL » avec ses 328 lits en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) et ses 18 places en SSR (Soins de Suite et de Réadaptation), auxquels s’ajoute le SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile). Une taille imposante permettant de « montrer les muscles » et s’assurer que l’établissement est assez costaud pour assurer les services attendus par l’ARS et donc sa pérennité. La nouvelle structure est désormais pilotée par un seul  Conseil de Surveillance et un seul Conseil d’Administration « Le Président est le Maire du Thillot et le vice-président le Maire de Bussang » détaille Richard Claudon « La quasi-totalité des services administratifs est à Bussang pour une raison simple : la disponibilité de l’espace, seules les relations humaines étant installées au Thillot ».
Pérenniser l’établissement
L’objectif premier était – et reste – de pérenniser l’activité des établissements fusionnés. Notamment en ce qui concerne le remplissage. « Un certain nombre de lits étaient vacants. Ils ne sont plus suite aux démarches que nous avons entreprises en Alsace où le nombre de places était déficitaire ». Accepter l’idée de passer de l’autre côté du col de Bussang a été un obstacle plus culturel que géographique, mais il a été levé avec succès.
Dans sa démarche, le directeur a encore été confronté à d’autres obstacles : « J’ai voulu faire passer un message différent de celui qui était pratiqué, à savoir que les personnes entrant dans l’établissement doivent être considérées prioritairement comme des personnes pouvant - voire devant - rejoindre leur domicile au terme de leur séjour ».Conséquence directe : les soins ont été réorganisés de façon à coller à cet objectif.
Autre (r)évolution : « Nous avons beaucoup travaillé – et travaillons encore - sur le concept d’humanitude, une méthode différente de soins aux seniors dont le but est les réhabiliter dans leur dignité et améliorer les relations entre patients et soignants » confie Richard Claudon « Pour prendre un exemple, là où nous provoquions le réveil d’une personne à 8 heures parce que c’était l’heure de servir le petit-déjeuner, nous prenons désormais en considération ses habitudes de vie, si cette personne prenait le petit déjeuner chez elle à 9 heures, nous respectons son rythme. Chacun y trouve son compte, les résidents comme le personnel qui est ainsi amené à ne pas renier, voire renouer avec des valeurs initiales fortes qui ont motivé son engagement professionnel ».
Un large panel de formations
Beaucoup de changements donc, dont la réflexion et la mise en œuvre se sont étalées sur plusieurs années. Une transition qui a provoqué des grincements de dents, voire des situations conflictuelles, n’empêchant cependant pas le projet de progresser, en passant  notamment par un large panel de formations qui a été mis en place. « De préférence en interne, afin de travailler sur des cas concrets et que les nouvelles attitudes apprises puissent profiter à tous » précise le directeur « Des formations auxquelles le personnel adhère avec volontarisme ».
Autre cheval de bataille du directeur « J’ai eu l’occasion de visiter des établissements rutilants à souhait, mais sans animation, sans contact, sans chaleur. Je ne veux pas ce type d’établissement. Je veux au contraire qu’il y ait de la vie ! » plaide-t-il avec conviction.
Quant à l’avenir « Qui se construira sans moi, puisque je quitterai mes fonctions prochainement... Je suis clairement persuadé qu’il passera par la création d’un PASA : un Pôle d’Activité et de Soins Adaptatifs qui pourrait voir le jour dans les anciennes cuisines des Tilleuls, ainsi que le développement d’une équipe spécialisée Alzheimer ». Ce sera à mon successeur d’en décider, en concertation avec les instances dirigeantes de l'établissement…
    
Une carrière aux multiples facettes
Arrivé en juin 2013 au Thillot, Richard Claudon est une sorte de « bourlingueur » professionnel qui l’a fait passer par de multiples postes au sein de la fonction publique. Né en Champagne, il a exercé de nombreuses années dans ce qu’il appelle « la vallée des anges » en référence aux nombreux noms de communes se terminant par « ange » dans la vallée de la Fensch en Moselle. Enseignant en classe spécialisée (les ex SES), il est également passé par des fonctions en milieu carcéral. Après un doctorat en psychologie, il a enseigné en université et a professé en école universitaire de management. Passé par les CNPP de Metz et Lunéville, il a ensuite pris ensuite en charge des formations de directeurs d’établissements sociaux avec un projet de management orienté vers le développement du changement, avec un  objectif associé fort : personne ne doit rester sur le carreau. Son arrivée au Thillot est une démarche volontariste de sa part, ayant postulé alors qu’il était en fonction à Metz, en milieu spécialisé pour jeunes sourds. Le 23 mai prochain, Richard Claudon quittera ses fonctions pour faire valoir ses droits à la retraite. Pas sûr qu’avec un tel tempérament il passe ses journées à flâner !  
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